Patrimoine classé
Façade et toiture du pigeonnier (cad. 8 29) : inscription par arrêté du 28 février 1984 ; Château proprement dit : façades et toitures, ensemble des sous-sols ; escalier dit de service dans l'aile Ouest ; escalier principal avec sa cage, sa rampe et ses garde-corps en fer forgé, son palier et sa cheminée du XVIIe siècle ; grand hall avec son poêle en faïence ; parties suivantes avec leur décor au rez-de-chaussée : salle à manger avec son poêle en faïence, salon dit salon rouge, chambre Empire avec son décor de papier peint, salle de bains Empire, salon dit salon bleu, bibliothèque (ancienne chapelle) avec ses lambris, son escalier, sa tribune et sa cheminée ; ancienne cuisine avec sa cheminée et son four à pain à l'entresol ; à l'étage : corridor, grande chambre sur le parc, chambre dite chambre dorée ; terrasses avec la balustrade, les escaliers, les deux lions et les deux chimères de pierre ; douves avec les trois ponts dont le pont-levis au Sud avec son ouvrage. Ferme et dépendances : façades et toitures de la ferme, des trois bâtiments d'habitation entourant la cour du colombier, de l'étable et de l'ancienne écurie, à l'exclusion des communs du XIXe siècle ; cour du colombier et basse-cour pavées ; trois portes charretières et piétonnes (cad. 8 25 à 29) : classement par arrêté du 28 février 1984
Personnages clés
| Robert de Cotte - Architecte |
A conçu les plans du château en 1731. |
| Christophe Gomé des Hazards - Propriétaire reconstructeur |
Rebâtit le château après 1731. |
| Marquis de Fouquet - Acquéreur en 1752 |
Propriétaire avant la famille de Bertier. |
| Jean de Bertier de Sauvigny - Maire de Manom |
Rachète le château en 1919. |
| Franck Neau - Paysagiste |
Créateur du jardin des Prairiales. |
| Comtesse Sylvie de Bertier - Restauratrice post-1950 |
Dirige les travaux de restauration. |
Origine et histoire du Château de la Grange
Le château de la Grange, situé à Manom en Moselle (région Grand Est), est mentionné dès 1106 comme forteresse médiévale. Il appartient successivement aux familles La Grange, Solouvres, Chinery, Brandebourg, puis Argenteau jusqu’en 1701. Ruiné pendant la guerre de Trente Ans, il est reconstruit à partir de 1731 par Christophe Gomé des Hazards, selon les plans de l’architecte Robert de Cotte. Le marquis de Fouquet l’acquiert en 1752, avant qu’il ne passe à la famille de Bertier en 1803 par mariage.
Classé monument historique en 1984, le château conserve des éléments médiévaux (douves, caves) et des décors intérieurs du XVIIIe siècle (sculptures, armoiries, poêles en faïence). Occupé et endommagé pendant les deux guerres mondiales, il est restauré depuis 1950. Son parc, redessiné par Franck Neau, abrite le Jardin des Prairiales, célèbre pour ses fleurs et ses buis, et intégré au réseau Jardins sans Limites.
Le château a accueilli des personnalités comme Casanova, le duc et la duchesse de Windsor, et le colonel de Gaulle. Malgré l’annexion de l’Alsace-Lorraine en 1871, la famille de Bertier en reste propriétaire jusqu’en 1912, avant de le racheter en 1919. Aujourd’hui, il se distingue par son mobilier d’époque, ses dépendances classées (pigeonnier, ferme, écurie) et ses terrasses ornées de lions et chimères de pierre.
L’architecture allie des corps de logis du XVIIIe siècle à des ajouts du XIXe (maison neuve de 1856, maisons d’Alger et du gardien). Les intérieurs protégés incluent une bibliothèque lambrissée dans l’ancienne chapelle, des salons Empire, et une cuisine avec son four à pain. Le site, ouvert aux visites, illustre l’évolution d’une seigneurie lorraine en résidence aristocratique, marquée par des alliances familiales et des restaurations successives.